Des fois, voyager, c’est un peu de la merde. Et je sais que je marche sur des œufs quand je dis ça. Je pense à mes amis profs qui recommencent à travailler cette semaine, à mes collègues qui n’ont pas arrêté de l’été, à ma sœur qui, toujours étudiante, rush fièrement et sans arrêt depuis beaucoup plus longtemps que cet été, et moi qui ose mentionner que voyager, ce n’est pas toujours la perfection et la sainteté incarnée? Je vous vois m’attendre avec un pic et un fanal.
Ce matin, après avoir célébré ma dernière soirée à Queenstown, j’ai pris la route, tellement trop tôt vers le parc national de Fjordland, le plus grand parc national de la Zinlande. En fait, si on mettait tous les parcs nationaux ensemble, ils pourraient tous entrer dans le parc de Fjordland. Tout le long de la route, je lutte contre le sommeil pour continuer de voir le chemin sinueux entre les Alpes du Sud et les Remarkables, une autre chaîne de montagne ainsi appelée parce que, ben… le nom le dit un peu. Arrivé dans le fjord de Milford, nous embarquons sur une embarcation marine (aucun problème, je suis rendu un vrai capitaine Haddock) qui nous laisse glisser tranquillement dans le magnifique fjord. Le fjord est impressionnant. Ce sont des montagnes de 2000 m qui sortent directement de la mer de Tasmanie et creusent une vallée de près de 1000 m sous la mer. On a vu des phoques, des pingouins, des chutes de plusieurs centaines de mètres. Je l’avoue, c’était pas mal génial. Un paysage surprenant et magnifique.
Sauf qu’un parc national, c’est creux. Ce soir, je dors à Gunn’s Camp. C’est un mini village de petites huttes, sans Internet mais surtout sans électricité. Feu au charbon dans notre hutte où nous sommes 4. Un adolescent de 18 ans allemand qui sent le swing à plein nez, une princesse écossaise qui capote complètement de ne pas pouvoir utiliser son séchoir à cheveux et qui est incapable de tuer une sandfly parce que ça l’écoeure et une fille (mais je ne suis pas convaincu que ce soit une fille) qui sape autant qu’un chien jappe. Je partage donc une petite hutte sans électricité avec ces trois mousquetaires. Étant moi-même fatigué et un peu en lendemain de veille, je peux vous assurer que mon heure de coucher sera très tôt.
Parlant de sandfly, la légende maorie dit que la déesse à qui appartenait l’île du sud avait peur que son île soit tellement belle, que le dieu qui avait l’île du nord vienne lui voler. Ainsi, elle a jeté un sort sur le sud de l’île du sud, condamnant la région à être possédée de toutes ces petites bibittes qui ressemblent à nos moustiques québécois. Une petite histoire cute pour expliquer des mouches à marde!
Depuis le début de mon voyage, j’ai un peu peur de perdre mon français et mon québécisme. Je dis à qui le demande que je viens du Canada et que je suis French-Canadian parce que j’ai toujours trouvé que le terme Quebecers me faisait plus penser aux lutteurs qu’à ma nation. Mais quand même, je passe mes journées à parler en anglais et mes réflexions, mes idées se font de plus en plus dans la langue de Shakespeare. That’s right, fuck you, Molière! Mais ce matin, me réveillant dans la froideur de ma chambre où le feu était éteint depuis longtemps, le nez et honnêtement pas mal tout le reste à peu près gelé, la première pensée qui a traversé mon esprit fut : « Maudit viarge qui fait frette! »
Je pense que mon québécisme est en sureté!
Je pense que le froid aide a rester Quebs!
ReplyDeletePhil