Friday, 7 October 2011

On prend tous un train


Est-ce que c’est ça le titre de l’émission plate de Josélito Michaud?
Qu’importe, aujourd’hui, j’ai pris le train. Depuis mon départ en voyage, et même avant, je n’ai jamais eu le réflexe de prendre le train. L’avion semble tellement plus rapide, plus naturel. Mais dans le fond, quoi de moins naturel pour un humain que de voler dans le ciel pour se rendre dans une ville à des milliers de kilomètres?

« Et en Europe, les trains sont tellement efficaces! » que j’entends partout depuis toujours.
La dernière fois que j’avais pris un train et que je m’en souviens clairement, c’était de Montréal à Ottawa. (Quoique je me pose la question à savoir si j’ai pris le train au Portugal. Sam?)

Je travaillais chez Transcontinental, un boulot que mon frère avait réussi à me dénicher pour l’été entre deux saisons de basket… huh, je veux dire entre deux années de CEGEP. Je faisais l’inventaire du matériel informatique (son de vomi qui tombe dans un seau métallique!). Pire emploi au monde, sauf pour les courriels et les nouvelles du sport que je pouvais lire le matin, les tounes downloadées sur feu-Kazaa, et les randonnées semi-dangereuses de vélo à tous les matins et soirs avec mon frère.

Enfin, le bureau de Montréal entièrement inventorié, je devais, avec un des grands patrons, me rendre à Ottawa pour l’inventaire du bureau de la capitale nationale (son de vomi qui tombe dans un seau métallique à nouveau).

Accompagné du boss, la première classe n’était pas si mal du tout. Déjeuner servi à l’aller, bière ou vin offert au retour (évidemment refusé, déjà à 19 ans, j’étais plus professionnel que le pape).
Bref, disons que mon expérience ferroviaire remontait à loin.

Mais j’adore. Vous savez que je suis capable de perdre mon temps dans un aéroport ou dans une station de métro à observer les gens et leurs activités. Un train, c’est parfait pour ça. Des arrêts dans différentes gares (je viens tout juste de passer Dresden, gare magnifique!) où on peut observer des amoureux qui tiennent des bouquets de fleurs derrière leur dos, des familles qui se retrouvent, des amis qui doivent se laisser à contre-cœur. Des businessmen sans-émotion, blasé par le fait qu’ils font ça trop souvent, des grand-mères qui essaient aussi bien que mal de cacher pleurs, des jeunes qui groovent leurs têtes au rythme de la musique qui passent dans leurs oreilles, des personnes âgées qui s’agrippent à leur cane, du monde en retard, des mamans qui s’assurent d’avoir toutes leur marmaille, des jolies jeunes dames, des jeunes hommes qui les regardent, un conducteur fatigué de travailler un autre week-end, quelques backpackers perdus et inquiets, quelques backpackers perdus et presque contents de l’être un peu, des étudiants qui retournent chez-eux après un vendredi trop arrosé, des parents qui les accueillent en feignant de ne pas remarquer les yeux bouffis et l’haleine d’absinthe et moi qui observe tout ça et qui écrit trop, toujours trop.

Mais une gare est comme une modèle de société. Des pickpockets aux gens d’affaires en première classe, en passant par les familles et les gens bien normaux semi-entassés dans des petites cabines, on se dirige tous dans la même direction qu’on le veuille où non. On part tous à la même place et on finira tous au même endroit.

Maudit que je suis poète. Un vrai Josélito!


Note ajoutée – Une jolie jeune fille vient d’embarquer dans mon train. Le blanc des yeux rougis, les larmes qui se déversent de ses grands yeux bruns, mouillant les joues qui, habituellement, doivent supporter un sourire canon. Quatre-vingt-dix minutes plus tard, elle semble inconsolable d’une peine sans fond. Je ne trouve rien que je pourrais lui dire pour la consoler ou la rassurer. Encore moins en Tchèque. Les trains, des fois, c’est un peu de la merde. 

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