Est-ce que
c’est ça le titre de l’émission plate de Josélito Michaud?
Qu’importe,
aujourd’hui, j’ai pris le train. Depuis mon départ en voyage, et même avant, je
n’ai jamais eu le réflexe de prendre le train. L’avion semble tellement plus
rapide, plus naturel. Mais dans le fond, quoi de moins naturel pour un humain
que de voler dans le ciel pour se rendre dans une ville à des milliers de
kilomètres?
« Et
en Europe, les trains sont tellement efficaces! » que j’entends partout depuis
toujours.
La dernière
fois que j’avais pris un train et que je m’en souviens clairement, c’était de
Montréal à Ottawa. (Quoique je me pose la question à savoir si j’ai pris le
train au Portugal. Sam?)
Je
travaillais chez Transcontinental, un boulot que mon frère avait réussi à me
dénicher pour l’été entre deux saisons de basket… huh, je veux dire entre deux
années de CEGEP. Je faisais l’inventaire du matériel informatique (son de vomi
qui tombe dans un seau métallique!). Pire emploi au monde, sauf pour les
courriels et les nouvelles du sport que je pouvais lire le matin, les tounes downloadées sur feu-Kazaa, et les
randonnées semi-dangereuses de vélo à tous les matins et soirs avec mon frère.
Enfin, le
bureau de Montréal entièrement inventorié, je devais, avec un des grands patrons,
me rendre à Ottawa pour l’inventaire du bureau de la capitale nationale (son de
vomi qui tombe dans un seau métallique à nouveau).
Accompagné
du boss, la première classe n’était
pas si mal du tout. Déjeuner servi à l’aller, bière ou vin offert au retour
(évidemment refusé, déjà à 19 ans, j’étais plus professionnel que le pape).
Bref,
disons que mon expérience ferroviaire remontait à loin.
Mais
j’adore. Vous savez que je suis capable de perdre mon temps dans un aéroport ou
dans une station de métro à observer les gens et leurs activités. Un train,
c’est parfait pour ça. Des arrêts dans différentes gares (je viens tout juste
de passer Dresden, gare magnifique!) où on peut observer des amoureux qui
tiennent des bouquets de fleurs derrière leur dos, des familles qui se
retrouvent, des amis qui doivent se laisser à contre-cœur. Des businessmen sans-émotion, blasé par le
fait qu’ils font ça trop souvent, des grand-mères qui essaient aussi bien que
mal de cacher pleurs, des jeunes qui groovent
leurs têtes au rythme de la musique qui passent dans leurs oreilles, des
personnes âgées qui s’agrippent à leur cane, du monde en retard, des mamans qui
s’assurent d’avoir toutes leur marmaille, des jolies jeunes dames, des jeunes
hommes qui les regardent, un conducteur fatigué de travailler un autre
week-end, quelques backpackers perdus
et inquiets, quelques backpackers perdus
et presque contents de l’être un peu, des étudiants qui retournent chez-eux
après un vendredi trop arrosé, des parents qui les accueillent en feignant de
ne pas remarquer les yeux bouffis et l’haleine d’absinthe et moi qui observe
tout ça et qui écrit trop, toujours trop.
Mais une
gare est comme une modèle de société. Des pickpockets
aux gens d’affaires en première classe, en passant par les familles et les
gens bien normaux semi-entassés dans des petites cabines, on se dirige tous
dans la même direction qu’on le veuille où non. On part tous à la même place et
on finira tous au même endroit.
Maudit que
je suis poète. Un vrai Josélito!
Note
ajoutée – Une jolie jeune fille vient d’embarquer dans mon train. Le blanc des
yeux rougis, les larmes qui se déversent de ses grands yeux bruns, mouillant
les joues qui, habituellement, doivent supporter un sourire canon.
Quatre-vingt-dix minutes plus tard, elle semble inconsolable d’une peine sans
fond. Je ne trouve rien que je pourrais lui dire pour la consoler ou la
rassurer. Encore moins en Tchèque. Les trains, des fois, c’est un peu de la
merde.
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