Berlin m’a
accueilli avec un des plus beaux couchers de soleil vu depuis le parc national
à Tongariro. C’était comme un party
où toutes les couleurs étaient invitées. Magnifique. Je me suis dit que c’était
de bon augure.
Le premier
défi de n’importe quel voyageur lorsqu’il arrive dans une nouvelle ville est
toujours de taille. Demain, il devra trouver où manger, que visiter, à qui
parler et tout ça en faisant attention de ne pas se faire pickpocketer. Mais ça, c’est de la petite bière à comparer le défi
de trouver la façon la plus économique de se rendre de l’aéroport à son Auberge
de Jeunesse. Premièrement, les aéroports font du bruit, alors elles sont
toujours à l’autre bout du monde. Deuxièmement, les AJ sont constamment situés
dans les plus petites ruelles et les plus petits racoins de ville qui existent.
Deux problèmes surgissent : On ne sait pas on s’en va où, mais on sait que
si on prend un taxi, on vient de mutiler le budget de notre voyage d’un tiers.
Et ces
allemands sont supposés être froids, distants, peu enclin à aider un canadien
perdu quelque part, non? En fait, les Berlinois sont extrêmement sympathiques,
mais ils se mêlent de leurs affaires. Enfin, après avoir demandé à plusieurs
individus mon chemin, et avoir été répondus d’un anglais impeccable par un
couple âgé, un jeune dans la rue, une moins jeune dans la rue, un chauffeur
d’autobus et une petite de 13 ans, je ne peux que conclure que tout le monde
est serviable, bilingue mais que les rues sont bizarrement dénombrées à Berlin.
Pour le
reste, tout est bourré d’histoires et d’Histoire. À Budapest, je devais
m’arrêter une rue sur deux pour prendre des photos. À Berlin, je dois m’arrêter
à un édifice sur deux. Même leurs buildings laids sont beaux. L’ambassade
Tchèque a l’air de l’édifice Decelles à HEC, mais avec une attitude qui la rend
cool. Les gros édifices gris et épeurants de l’époque nazis semblent sortis
directement de Wolfenstein 3D et
permettent de facilement imaginer les banderoles rouges et les aigles dorées du
nazisme allemand des années 30 et 40. D’un autre côté, les nombreux monuments à
la mémoire des juifs, des homosexuels, des handicapés et de toutes les victimes
de l’holocauste amènent à la réflexion et à l’incrédulité d’un tel combat, de tels
actes. Je n’aime pas nécessairement citer Stalin, mais il dit un jour : "One death is a tragedy, a million deaths is merely a statistic." Il est
difficile de réaliser ce qu’est qu’un million de vies volées parce qu’on ne
connaît pas un million de personnes. Ces gens sont des victimes de
l’holocauste, mais on oublie qu’individuellement, ils étaient des papas, des
mamans, des professeurs, des plombiers et surtout, des personnes qui avaient
une valeur individuelle dans leur communauté. Ces individus uniques sont
disparus à jamais puisqu’ils sont maintenant des parties infimes d’un plus
grand tout. Les victimes de l’holocauste. La fois où l’homme a oublié qu’il
était humain.
No comments:
Post a Comment