Je me réveille
doucement au son mielleux du wake-up call demandé hier soir. J’ai dormi quelques heures d’un
demi-sommeil agité. Un lit king, quand
on n’est pas capable de fermer l’œil, c’est grand. Un mauvais sommeil, pas
assez de dodo et pourtant, je souris en regardant les palmes du ventilateur qui
tourne au plafond. Aujourd’hui, je rentre à la maison.
Excité, je
me lève d’un bond avec l’assurance et l’enthousiasme qui me manque depuis
quelques jours. Mes sacs sont prêts, je les ai finalisés cette nuit alors que j’étais
incapable de trouver Morphée. Je m’habille et réalise que je suis ben trop de
bonne heure pour rien. Dans ma planification, j'avais un bon trente minutes pour finaliser mes baggages. Je me déshabille et saute dans la douche. Tant qu’à
perdre mon temps, aussi bien le perdre propre. Je sors de la douche et
soudainement je panique. Quelque part, quelque chose dans ma tête me convainc
que je suis en retard alors que je suis toujours aussi à l’avance que tantôt, une douche en moins.
Depuis quelques jours, une légère rumeur de grève plane à la SNCF. Or, une
odeur de grève flotte toujours à la
SNCF. Qu’à cela ne tienne, mon train, le Rhône-Express n’est pas de la SNCF.
Une fois la panique résorbée, je souris en donnant ma carte de crédit à la
réception. Aujourd’hui, je rentre à la maison.
Je déjeune
à l’aéroport, essayant aussi bien que mal de brûler mes derniers euros qui me
seront dorénavant inutiles. Mon vol se passe bien. Une sympathique française
(que je recroiserai par hasard au coin Maisonneuve-Bleury) est ma passagère et
dort avant que les indications de sécurité ne soient terminées. Moi, incapable
de fermer l’œil, obligé de supporter le grand art que sont les films Arthur, Meet Dave et Thor et les repas qui rendraient Jamie Oliver dépressif. Oui, il a du mauvais film qui se
fait. Oui, il y a de la mauvaise bouffe qui se cuisine. Pas grave, aujourd’hui, je rentre à la maison.
J’arrive à
Montréal à l’avance, si bien que LP, mon coloc, collègue, ami, wingman et surtout partenaire du secret
de mon retour est absent. Fascinante ponctualité, le gros! On finit par se trouver. Joie générale. Être un Broadway, tout le monde se serait mis à
danser Chicago-style. Une autre fois
peut-être. Après un ravitaillement éclipsant la grande cuisine d’altitude, je
prends la route, avec une Smart (manly, I
know) louée pour l’occasion en direction des Cantons-de-l’Est où mes
parents ne m’attendent pas pour l’Action-de-Grâces et l’anniversaire de mon
frère. Les Appalaches sont au maximum de leurs couleurs. Je ne sais pas si les
oiseaux chantent, mais moi, dans l’auto, débordant de joie et d’anticipation,
j'hurle les chansons mauvaises à la radio. Comment une station de radio peut
changer de nom, et continuer de jouer du Claude Barzotti, je l’ignore. J’aimerais
aussi déverser une goutte de rage sur les trois tounes de Kain (toujours lamême) entendues en 90 minutes de route. Mais le paysage, que je reconnais (!),
n’a rien à se reprocher des plus belles vues aperçues pendant mon périple. Si
Dame Nature s’est mise sur son 36 pour mon retour : Chabang!! mission accomplie.
J’arrive à
Sherbizzle (!) vers 17h30. Je me stationne à l’arrière après avoir remarqué que
ma famille est sur le balcon avant. J’enfile mon kit de camouflage. Tel un espion Jack Baueresque, je passe par
le petit bois derrière, contourne la maison et demande, en essayant d’être
calme : « On mange bientôt? » Cris, grabuge et hilarité se sont
ensuivis. La joie d’être de retour est un autre souvenir de mon voyage que je n’oublierai
pas.
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