Sunday, 23 October 2011

Remettre les pieds sur terre



C’est Mylène qui m’a mis la puce à l’oreille. "Pis, Pete, c’est comment ta vie, maintenant?"

Quand tu as passé 4 mois de ta vie à te déplacer aux deux, trois soirs, revenir et dormir dans le même lit, entrer dans la même bouche de métro à tous les matins et rencontrer des gens que tu connais dans la rue, c’est un clash, c’est sur. Mais tu sais quoi Mylène, jusqu’à date, et je n’ai pas commencé à travailler alors il y a potentiel pour un changement d’opinions, c’est vraiment cool.

Voyager possède des highs incroyables. Tu vois des paysages uniques, tu rencontres, quotidiennement, des gens ayant des expériences fabuleuses et des idéologies différentes. Tu touches, tu goûtes, tu ressens des émotions qui semblent venir d’un autre spectre de sentiments. C’est, à défaut de trouver d’autres mots, une magnifique liberté.

Pour moi, et jamais j’oserais qualifier ou même comparer mon retour comme étant typique, un retour est un comme un voyage, on peut le faire et le vivre comme on veut, mais on finit par le faire comme on peut. Pour moi, mon retour est bénéfique. Après 4 mois à bouger sans arrêt, j’avais un grand besoin de me poser, de travailler. J’avais besoin de décorer une chambre, de faire du ménage dans MES affaires. J’avais hâte de faire des insides avec mes amis qui me disent en blaguant que j’ai changé et qu’ils ne m’aiment plus vraiment. J’avais hâte de voir une fille et de me dire que ça vaut la peine que je lui parle parce que dans une semaine, je vais encore être dans le même pays qu’elle. J'avais hâte de voir ma BFF. J’avais hâte de faire la chose que j’ai jamais eu envie de faire, j’avais hâte de m’installer. De m’installer dans une résidence, dans une routine, dans un budget, dans une vie tranquille et plaisante sans, pour quelques temps du moins, avoir constamment à me redéplacer et à me réintroduire dans un nouvel environnement. 

Ainsi, Mylène, tu vois, j’étais prêt à revenir, ou du moins, j’étais prêt à me poser.

Mais être prêt comme je l’étais crée des attentes. Échouer les attentes, c’est une phobie chez-moi. Étant très optimiste, j’ai tendance à m'attendre que chaque jour sera le plus merveilleux des jours, et ainsi me décevoir devant l'ordinaire, le normal. Ceci dit, depuis mon retour, je me sens invincible à la déception. J’ai vécu un si beau voyage, j’ai vu de si belles scènes qui demeureront avec moi pour aussi longtemps que mon cœur battra, comment puis-je être déçu de quoique ce soit? J’ai un sourire étampé dans le visage depuis deux semaines. Les amis sont plus drôles et plus intéressants que je me souvenais. Ma famille sont plus gentils et plus beaux que je me rappelais. Les filles sont plus belles que ce que je m’imaginais. So what si on a le pire métro au monde? So what, si je n’ai plus un sou.

Un grand sage a écrit dans les commentaires d’un article précédent : (je cite) Meme si tu reviens sans un sous, tu es certainement plus riche qu'avant :)

En revenant de voyage, je ne crois pas que la phrase suivante soit nécessairement ou automatiquement vraie. Mais si on est conscient de notre nouvelle richesse accumulée lors du voyage, alors celle-ci devient réelle, bien qu’intangible.

Ça te va, Myl?

1 comment:

  1. Ahh Merci pour cet article Pete !
    Secretement moi aussi j'ai bien le gout d'être dans mes trucs.. bon maintenant je suis dans mes trucs a Sydney....Alors Correction être dans ma ville, celle que je connais si bien, avec mes amis qui me connaissent sous presque toutes mes coutures !
    merci ! Mylène xx

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