Au petit
matin, rafraîchit par le sommeil et cette grâce matinée (il était 7h30 à mon
éveil dans la caravane), toujours privé de douche, je me sentais quand même
revitalisé. Peu enthousiaste à l’idée de conduire un autre 9 heures sur les
routes Australiennes, mon esprit me rappelle que je suis privilégié. Je suis en
Australie, un pays à l’autre bout du monde que je découvre lentement, j’ai 28
ans, libre comme l’air, je suis en santé, j’ai des amis et une famille qui
m’aiment, comment pourrais-je me plaindre? Bring
on the road!
Mais tout
d’abord, je devais aller chercher deux danoises à leur auberge de jeunesse qui,
toujours par l’entremise de gumtree,
étaient pour partager leur route avec moi, m’économisant la moitié de la somme
astronomique que l’essence me coûtera après cette aventure routière.
Si je vous
disais que j’ai embarqué Claudia Schiffer et sa sœur jumelle, me croiriez-vous?
Dans ma vie, j’ai vu plein de belles filles, particulièrement vous, chère
lectrice, mais jamais, je n’ai vu deux aussi belles filles de toute ma vie.
(Oui, Fanie, tu peux te plaindre!) Et en plus, elles m’ont payé l’essence, tel
que promis. Finalement, gumtree n’est
pas si mal.
La route
vers Melbourne fut sans histoire. Maja et Mille étaient à l’arrière de la
caravane (dans la salle à manger, disons) bruyante à l’arrière, je n’ai pas eu
grand compagnie mais la radio fonctionnait par bouts, sinon, mon ipod
illégalement dans une oreille me permettait d’apprécier la beauté des paysages
australiens.
Une fois
les jumelles aux regards du tonnerre déposées à Melbourne, une fois les adieux sans
histoire effectués, une fois les morceaux de mon cœur rapiécés (j’exagère à
peine!) je reprends la route vers Braybrook, un ‘burbs de Melbourne où je devais rendre la voiture le lendemain
matin. Braybrook est comme un Brossard australien. Il ne s’y trouve pas
beaucoup de jolies choses à part des stationnements et des bungalows en rangées un peu trop ordonnées. Le hic, c’est qu’en
arrivant à Braybrook vers 21h, les campings sont plus ou moins fermés, et ayant
déjà dépassé ma limite de kilométrage permise, je n’ai pas envie de retourner
sur la grande route pour trouver une halte routière où je peux placer mon
vaisseau spatial pour la nuit.
Après avoir
essayé quelques rues résidentielles, trop étroites à mon goût, et quelques
écoles et collèges en me disant que lors d’un vendredi soir, les stationnements
doivent être tranquilles (mais ils sont aussi verrouillés) je finis par me
stationner dans le stationnement d’un espèce de Rona, même si on m’a dit que
c’était illégal de le faire. Espérant ne pas me faire réveiller par un agent de
sécurité ou pire, un policier, je rejoins Morphée pour la nuit.
En fait, le
lendemain matin, je suis réveillé par… des centaines de voitures qui
m’entourent! Un espèce de marché aux puces, vente de garage, fête de la famille
fait rage. Des bénévoles semblent faire la circulation pour meubler l’immense
stationnement et moi, en plein milieu, je dors! Comprenant que j’ai pas
rapport, je saute dans mon pantalon (!) et je me dirige vers le McDo le plus
proche pour un brossage de dents bien mérité.
Vers 14h,
je laisse la caravane avec un pincement au cœur. Celle-ci m’aura coûté un bras,
une jambe et la moitié de la face, mais ce fut une belle aventure. À refaire un
jour, c’est certain.
Aurevoir
vaisseau spatial. Taxi, direction aéroport et ce sans ticket. Where to?
«Je saute dans mon pantalon....» well done...!
ReplyDeleteRassuré de savoir que tu as abandonné ton monstre, ta mitraillette à pesos!
ReplyDeleteBonne continuation.
Gaétan.
@Sam: Thought you'd like that!
ReplyDelete@Pops: Mitraillette à pesos! J'aime la métaphore!
je t'aurai bien souhaité que tes jumelles sautent aussi dans ton pantalon. oh well, au moins t'as vu de beaux paysages ;)
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